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Les réunions de chefs de services organisées par les directions locales sont sans doute devenues de véritables « brainstorming » (on dit comme ça quand on est un vrai « manager ») si l’on en croit les publications de la direction générale à l’adresse des MANAGERS.
Le « livret manager » diffusé par la DGFIP en septembre 2020 se veut une synthèse de ces « brainstormings » (livret consultable en PJ)
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ces réflexions de l’ensemble des cadres supérieurs de notre administration, compilées par deux cabinets privés (Accenture et Alixio),valent leur pesant d’or !
A noter que le cabinet Alixio dirigé par Raymond Soubie (ex conseiller social de Nicolas Sarkozy) est un des plus chers de la place de Paris, mais comme dirait le PDG de la DGFIP « quand on aime on ne compte pas ».
Dans un article publié par le Monde le 9 juin 2019, l’enseignante-chercheuse Valéry Michaux et le consultant Gérard-Dominique Carton analysait les dangers de l’utilisation passive de la courbe de Kubler-Ross, notamment chez France -Télécom.
Il est irresponsable et dangereux de fournir aux "managers" cette courbe du deuil comme le couteau suisse de la gestion du changement. et ce livret ne leur sera d’aucune aide et peut même les conforter dans leurs errements. En gros, on dit aux chefs : tout le monde passe par une phase de déni, de dépression et puis tout le monde finit par rebondir. Au delà de réinventer l’eau chaude à coup de références scientifiques, cette manière de présenter les choses est dangereuse, car elle va conforter certains cadres supérieurs dans leur aptitude légendaire à ne rien faire, à ne prendre aucune décision ni initiative puisqu’au final, tout le monde va rebondir, et c’est donc aussi tout à fait normal que ça grince de partout, c’est écrit dans le guide... Alors bien sûr, une majorité des agents va suivre cette trajectoire, mais c’est une présentation tronquée des travaux d’Elisabeth Kubler.
Car ce qu’elle dit aussi, et tous les psychologue avec elle, c’est que tous ne suivent pas cette trajectoire, certains restent au fond du trou sans pouvoir rebondir (la dépression s’installe, burn out), d’autres rebondissent, mais pas du coté acceptation et peuvent devenirs violents, et d’autre s’enfoncent au delà de la dépression, et c’est le suicide (version France télécom).
Alors oui, cette courbe est popularisée et sans doute efficiente pour la majorité, mais elle n’a d’intérêt que si elle sert à l’action et à la détection des cas qui s’en éloignent (car ce sont eux qui doivent attirer l’attention), et pas pour servir de prétexte à l’inaction des cadres supérieurs à qui on aura dit : c’est normal, ça va leur passer...
A noter également que dans ce livret manager de 22 pages pas un mot sur le sens du service public et des missions, non rien d’autre qu’une apologie du FONCTIONNAIRE SUJET obéissant et passif, accomplissant sans sourciller et sans se poser de questions les ordres verticaux
MM. Dussopt et Fournel, le « nouveau réseau de proximité » et son plan
social conjoint ne sont ni amendables, ni négociables, on vous l’a déjà dit !
Vous pouvez remballer votre vaseline « managériale »,les agents de la DGFiP ne sont dupes de rien de ce qui leur est promis !
Article publié le 25 novembre 2020.