vous êtes ici : accueil > Actualités > Générales
Ce 18 janvier à l’occasion d’une opération de grand messe médiatique de notre président nous avions décidé de répondre à l’appel pour un débat public, lancé par un rassemblement de syndicats, collectifs, et citoyens mobilisés qui appelaient à dénoncer cette mascarade.
Nous pensions vivre dans un pays dans lequel il est encore possible de profiter de la venue de notre président sur notre territoire local pour aller lui exprimer nos doléances, ou tout au moins lui montrer notre mécontentement.
La veille lorsque l’arrêté d’interdiction de toute manifestation ou rassemblement sur la commune de Souillac a été pris ( 7 500 euros d’amende et 6 mois d’emprisonnement nous promettait-on dans son art 2 !), on s’est douté que l’expression des citoyens ne serait pas la bienvenue, et le dialogue démocratique pas à l’ordre du jour... Sans compter tous les autres arrêtés pour fermer les échangeurs d’autoroutes, pour interdire le stationnement, etc...
Et effectivement la venue du Président à Souillac a transformé cette commune en véritable place forte occupée par un dispositif de force de l’ordre démesuré, dépossédant ses habitants, les Lotois, les organisations syndicales et toutes personnes de passage du droit de circuler librement. Un périmètre de 5 à 10 km autour de la ville empêchait toute libre circulation en véhicule et même à pied ! Qui a dit état de guerre, zone occupée, qui ??
Il nous a fallu 4 H, contre 1 H habituellement, pour atteindre Souillac !
Routes bloquées à des kilomètres à la ronde, contrôles d’identité et fouille des véhicules aux principaux ronds points ou croisements, après de nombreux détours nous avons dû abandonner les voitures à 5 km et poursuivre à pied.
Mais même à pied la circulation était interdite !
Néanmoins avec un peu de ténacité et de solidarité on arrive à tout. Finalement ce sont deux artisans dordognots contraints de retourner chez eux faute de pouvoir accéder à leur chantier (et oui qui c’est qui entrave l’activité économique, hein c’est qui ?) qui nous ont gentiment guidés.
Lorsqu’ils nous ont laissés à l’entrée d’un chemin forestier avec une liste d’indications pour traverser les bois, nous nous sommes sentis l’espace d’une minute comme des clandestins guidés par des passeurs pour traverser la frontière.
Devait-on prendre ça comme un avant goût de la résistance, avant que notre gouvernement nous décrète le passage au couvre-feu, ou crée des zones de libre circulation ? Bref revenons à nos moutons, puisque de moutons il va bientôt être question vu que c’est comme ça qu’on nous a traités.
Après moult péripéties nous avons donc fini par atteindre le centre de Souillac, y rejoignant entre 250 et 300 personnes qui avaient également fait preuve d’ingéniosité (certains sont venus dormir la veille, parfois même dans leur voiture) pour être là. Bien sûr nous avons été réceptionnés par un cordon de CRS, et à peu près toutes les catégories de gendarmes qui peuvent exister. Impossible pour notre groupe d’atteindre le palais des congrès, nous étions cantonnés sur l’artère principale. Mais c’était encore trop, pour notre président qui non content de ne pas écouter ce que les citoyens ont à lui dire, ne veut même pas les voir ! On nous a donc repoussés au bouclier, et à la matraque, et parqués comme des moutons dans des petites ruelles et placettes bien cachées.
Une contestation, quelle contestation ?!!!
Ce dispositif reflète l’attitude d’un président isolé qui voulant faire preuve d’ouverture et d’écoute, s’enferme dans une forteresse à huis clos pour faire un coup de « com » avec des maires souvent dénigrés depuis sa prise de mandat. Le « grand débat national » proposé par Macron, c’est lui seul qui en fixe le cadre et les limites, ne retenant pas la préoccupation première des salariés, privés d’emploi, retraités, celle d’avoir un revenu pour vivre dignement ?. Bref, c’est : « circulez y’a rien à voir ». Un « grand débat » verrouillé, comme les portes de la ville de Souillac, par un message clair émanant du courrier du président aux Français : j’ai fait semblant de vous écouter mais ne comptez pas sur moi pour vous entendre". Pas de rétablissement de l’ISF, rien sur le pouvoir d’achat, les salaires, l’écologie, les pensions et minimas sociaux. Bref, rien sur les légitimes revendications qui font s’exprimer la colère depuis des mois, qu’elles soient portées par la CGT ou par le mouvement des gilets jaunes. Macron persiste et signe : j’ai un programme et je l’appliquerai, je garde le cap de l’austérité sans m’attaquer à l’argent et ceux qui le possèdent, à la finance et au Medef et le reste n’est pas discutable.
L’exigence de justice sociale et fiscale exprimée fortement dans le pays est donc exclue de cette piteuse tentative d’enfumage.
Article publié le 21 janvier 2019.