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Le "dossier" de la SNCM est l’exemple type de cette anarque dont collectivement nous faisons les frais, que l’on soit travailleurs de la SNCM, salariés des ports desservis (n’oublions pas les emplois induits, tels les sous-traitants, dont la Corse), ou simple citoyen.
En effet, il ne s’agit pas pour ce gouvernement d’assurer l’avenir industriel de la SNCM, mais bien de couler une entreprise publique, une de plus ! Position dogmatique, hautement politique que ce gouvernement a décidé sciemment depuis fort longtemps. Le fonds de pension Butler (grand copain de Villepin) a d’ailleurs annoncé qu’il retirerait les fonds si la convention avec la région Corse n’était pas reconduite en 2006. Gageons que les fonds seront retirés après un bénéfice pharamineux, comme ce fonds en a l’habitude en dépeçant les entreprises acquises. Que ce soit ce groupe financier à qui le gouvernement promet la maîtrise du Conseil d’Administration est une preuve qu’aucun projet industriel n’est envisagé, mais bien une anarque financière. Butler apporterait 35 millions d’euros, l’Etat 113 millions. Et la valeur de la SNCM est estimée à 500 millions d’Euros ! Jackpot ! Et ce sont les salariés qui paieront comptant cette déroute, et l’ensemble des habitants de France (de la corse ou du continent).
La CGT dans ce dossier a fait des concessions, acceptant que l’Etat ne soit plus directement majoritaire à 51 %. Ce n’est aucunement une reculade, encore moins une dissension avec la CGT de la SNCM, comme les médias ont tenté de nous le présenter, mais bien une solution concertée.
La CGT propose que la Caisse des Dépôts et Consignations, que Bruxelles considère comme entreprise privée, entre dans le capital de la SNCM, et que la SNCF augmente sa part -actuellement de 7%- , de façon à ce que les fonds publics restent majoritaires.
Hier matin, ces propositions sérieuses ont été balayées par les ministres Breton et Perben, qui ont claqué la porte des négociations. Il n’étaient pas venus pour « négocier », mais pour « informer », « expliquer » et fixer un ultimatum ! Jean-Paul Israël, porte parole de la CGT SNCM les a qualifiés de « voyous » et a déclaré que « c’était un scandale » ! Bernard Marty, secrétaire CGT du Comité d’Entreprise, a déclaré que les ministres ont été d’une « arrogance inqualifiable ».
La lutte doit continuer et la SNCM rester publique !
Article publié le 13 octobre 2005.