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Ce lundi 8 novembre 2004, il ne s’est trouvé aucune organisation syndicale pour accepter de discuter dans le cadre étriqué proposé par le Ministre. Il faut dire que ce dernier avait d’emblée fixé des limites parfaitement inadmissibles à ce rendez-vous : rien aujourd’hui sur le fond et une nouvelle rencontre prévue le 23 novembre prochain, centrée essentiellement autour d’un échange de points de vue sur des considérations techniques.
Autrement dit, néant sur la valeur du point, le contentieux accumulé, les bas salaires, etc. En dépit donc de l’urgence déclarée de la situation, le Ministre entendait débattre de tout... sauf de l’essentiel.
Tout en démontant point par point les éléments largement médiatisés par Renaud DUTREIL, la CGT a refusé le marché de dupes mis en avant par celui-ci et exigé l’ouverture de véritables négociations sur les revendications portées unitairement, et ce, avant le 18 novembre, date du débat sur le budget de la Fonction publique à l’Assemblée Nationale.
Ce fut donc la position reprise par tous les syndicats, retranscrite dans une déclaration commune lue en séance.
Devant ce front unitaire, le Ministre, contraint de reculer, indiqua qu’il proposerait, par un courrier adressé d’ici le 12 novembre au plus tard, une nouvelle réunion avec une date rapprochée, avant le 18 novembre et précisant le périmètre de la négociation.
C’est sur cette base que les organisations syndicales ont décidé de se revoir dès le 9 novembre pour envisager les suites à donner.
Car, s’il est bien une donnée essentielle de notre point de vue, c’est d’amplifier l’intervention et la mobilisation des personnels. Pour construire le rapport de force, et peser efficacement sur les décisions gouvernementales.
Déjà, ce 8 novembre, un nombre significatif d’actions ont eu lieu : motions, pétitions, rassemblements...
Face aux diktats gouvernementaux, tout confirme qu’il faut construire un mouvement unitaire de grande ampleur, imposant de réels choix de progrès.
C’est ce à quoi, dans l’unité la plus large, la CGT va continuer à travailler.
Montreuil, le 8 novembre 2004
Ci dessous, déclaration lue en séance
Déclaration en séance des organisations syndicales
de la Fonction publique
(CGT - CFDT - FO - UNSA - FSU - CFTC - CGC)
Les organisations syndicales unanimes refusent le carcan dans lequel le Ministre veut enfermer toute discussion salariale, après prés de 5 ans sans négociation, et un recul sans précédent du pouvoir d’achat des agents de la Fonction publique.
– Elles récusent, sur la forme comme sur le fond, les méthodes ministérielles tendant à présenter les personnels de la Fonction publique comme des privilégiés.
– Elles rejettent notamment une utilisation tendancieuse et fallacieuse des données salariales, travestissant l’évolution réelle du pouvoir d’achat.
– Elles exigent l’ouverture de réelles négociations pour aboutir à des mesures :
1- Prenant effet dès 2004.
2- Conduisant à des mesures de revalorisation du point d’indice.
3- Remettant à niveau le pouvoir d’achat de cette valeur du point au regard du 1er janvier 2000 soit une augmentation de 5 % à ce titre.
4- Assurant un fort relèvement du minimum de rémunération.
5- Anticipant sur l’inflation pour la période à venir par un calendrier de revalorisation du point d’indice.
6- Engageant une réforme de la grille et des carrières sur la base des principes qui les fondent.
7- Assurant rattrapage, maintien et progression du pouvoir d’achat des pensions de retraites.
En ce sens elles rejettent la proposition du Ministre d’une rencontre ce 23 novembre pour une étude technique de documents dont nous contestons la pertinence au regard de l’évolution du pouvoir d’achat, et exigent du Ministre et du gouvernement des propositions et un autre cadrage pour une réunion d’ici le 18 novembre -date du vote du budget de la Fonction publique à l’Assemblée Nationale- afin de pouvoir entrer en négociation.
Article publié le 9 novembre 2004.