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Grand jeu concours !

Le texte ci-dessous date de 1933. Il est pourtant d’une étonnante actualité.

Je lance un jeu concours... trouvez les noms actuels pour remplacer Say, Lescure et les autres.. !


la crise économique d’une violence inouïe que nous traversons a balayé comme des fétus de paille des dogmes qu’hier encore l’on jugeait intangibles. Que l’on ose parler à nos hommes d’affaires de J.B. Say, leur ancienne idole, ils auront vite fait de le traiter de "farceur". Lisez M. Kellersonn M Siegfridn M Lucius : "il n’est qu’une chose étonnante, dit ce dernier", c’est qu’on ait pu jadis le (JB Say) prendre au sérieux".

Les trusts, les cartels, le crédit qui devaient empêcher les crises, sont désormais accusés de les avoir provoquées, d’avoir faussé le libre jeu des forces économiques.

"C’est une crise de surproduction" et de "sous-consommation", entend-on de toute parts. "Le taux de profit de l’industrie est insuffisant. Si l’on veut sortir de la crise, il faut qu’un taux de profit acceptable soit garanti par l’Etat", propose M. Lescure.

Ce même M. Lescure dans son livre sur les crises prétendait démontrer, après Tougan-Baranovsky, que la loi de la baisse tendancielle du taux de profit de K. Marx n’était que fumisterie. Et de tous cotés, de tous les milieux, la même voix s’élève : C’est l’anarchie de l’économie qui nous perd ; l’économie planifiée voilà ce qu’il nous faut.

Les grandes prévisions de Marx se réalisent, ses conclusions sont dans toutes les bouches, dans celles mêmes qui affirment à l’unisson que Marx s’est trompée...

Cependant la classe ouvrière reste impuissante et divisée.

Le marxisme et les crises

Jean Duret

Les documents bleus. Notre temps. numéro 55
Gallimard 1933


Article publié le 20 octobre 2008.


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