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Vendredi 24 juin pas moins de 100 personnes (n’en déplaise à la DPM, estimons nous heureux de ne pas avoir pas été comptés par la police...) se sont mobilisées devant la préfecture pour défendre le service public de proximité, bien précieux et élément essentiel pour la vie de nos territoires ruraux. Agents, élus, organisations syndicales tout le monde était présent.
Depuis des années nos gouvernants, notre direction générale, et notre direction locale se retranchent derrière de fausses considérations budgétaires pour justifier la suppression annuelle de milliers d’emplois qui finissent par aboutir à la suppression des services sous prétexte qu’ils ne sont plus en capacité de fonctionner. La ficelle est un peu grosse, on supprime d’abord les emplois et ensuite on se désole de devoir fermer les structures, mais sachez que l’on aurait bien voulu faire autrement !!
Le service public est considéré comme une charge alors qu’il constitue une richesse inestimable et contribue à la vitalité de nos campagnes.
Pourtant les moyens de le financer existent, encore faut-il le vouloir. Au lieu de procéder à leur démantèlement, en rognant constamment sur leur qualité ou sur leur proximité, l’Etat pourrait par exemple s’attaquer à la fraude et à l’évasion fiscale, en embauchant des agents aux finances publiques. Cela serait sans doute plus efficace pour l’intérêt général que de prendre toujours plus de mesures en faveur des sociétés qui se permettent de licencier les personnels, tout en distribuant des profits indécents à leurs actionnaires. Mais l’intérêt général veut-il encore dire quelque chose pour ces gens dont la conception du service public se fait à coup de calculette... Songez que le budget de fonctionnement annuel des trésoreries de St Géry et de Luzech ne représente même pas un mois de salaire d’un de nos 4 AFIPA.
Localement la décision de fermer les trésoreries de Luzech et de St Géry est complètement absurde et méconnaît totalement les réalités des secteurs concernés.
Contrairement à ce que la direction locale tente de vendre aux élus, le service rendu sera de moindre qualité, et beaucoup d’usagers n’auront plus d’accès direct au service public. Hélas se sont toujours les populations les plus fragilisées et les plus isolées qui subissent de plein fouet les restructurations ou plutôt les destructurations du réseau. La seule réponse apportée par la direction aux problèmes d’éloignement des lieux d’accueil du public ce sont les « techniques modernes ». Comme si le tout internet ou autres plate-formes téléphoniques pouvaient concurrencer l’accueil direct des usagers, et le service personnalisé qui va avec. Mais on a déjà pu se rendre compte que l’usager, qu’il soit élu local ou contribuable n’est pas la préoccupation principale de notre direction. Et pour se rendre compte des difficultés humaines et techniques engendrées par ces fermetures encore faudrait-il avoir une connaissance concrète de la réalité de nos métiers. En transférant les charges de travail et pas les moyens humains qui vont avec on ne donnera pas aux structures qui vont accueillir les missions de ces 2 trésoreries les moyens d’absorber ce surplus. Et ensuite ? Parions que d’ici quelques années notre directrice départementale les mettra sur la liste des postes à fermer au prétexte qu’ils ne sont plus en mesure d’assumer, et qu’il faut sacrifier ces plus petites structures pour sauver les grosses … celles de la capitale régionale.
Élus et contribuables sont pleinement satisfaits du service rendu par leur trésorerie de proximité. Preuves en sont les 1200 signatures recueillies pour leur maintien, celles-là même que les élus et les organisations syndicales souhaitaient remettre à la préfète lors de ce rassemblement. C’était sans compter sur le mépris dont a fait preuve le service de l’Etat puisque nous n’avons même pas pu accéder au bâtiment administratif. État d’urgence oblige. C’est vrai qu’une délégation de quatre élus et de trois secrétaires syndicaux ça a de quoi inquiéter.... Nous avons dû remettre pétitions et motions de soutien prises par les assemblées délibérantes, sur le trottoir, au directeur de la sécurité intérieure du département du Lot.
Un tel mépris ne nous empêchera pas de continuer à lutter pour la survie de nos trésoreries et, au-delà, des principes fondamentaux des services publics, dont l’égalité d’accès sur l’ensemble du territoire. Cette forte mobilisation aura permis de démontrer l’attachement de tous à nos services publics et aura contribué à débloquer la situation. En effet la préfète qui avait répondu aux élus qu’elle ne pouvait les recevoir avant septembre, s’est engagée finalement à trouver une place dans son agenda dans la quinzaine à venir.
Article publié le 27 juin 2016.