vous êtes ici : accueil > Thématiques > Europe
Contrairement aux affirmations des partisans du traité constitutionnel, l’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas reconnue comme une valeur fondatrice de l’Union. De plus, les droits ou principes concernant les femmes qui y sont inscrits ne sont que pur affichage en l’absence de dispositif contraignant : de simples déclarations d’intention !
Le traité constitutionnel n’apporte rien de nouveau pour les droits des femmes... au contraire : manquent les droits à la contraception, l’avortement, l’orientation sexuelle de son choix, le droit au divorce, à vivre sans violence, l’interdiction de la traite à des fins de prostitution, le droit d’asile pour motifs de violences ou persécutions. Le principe de laïcité disparaît, ouvrant la porte aux pressions rétrogrades des églises. Les femmes immigrées seront toujours soumises aux traditions oppressives de leur pays à travers les codes de statut personnel.
Le droit au travail, inscrit dans la déclaration des droits de l’homme de 1948, devient "le droit de travailler et la liberté de chercher un emploi" ! Avoir un emploi est la condition de l’autonomie des femmes. De même, le droit à un revenu minimum devient "le droit à une aide sociale" : un recul particulièrement néfaste pour les femmes qui représentent 80% des travailleurs pauvres et la majorité des chômeurs non indemnisés et des bénéficiaires de minima sociaux.
Dans la stratégie européenne de l’emploi, l’égalité entre les hommes et les femmes est utilisée pour légitimer toujours plus de flexibilité et de précarité. Depuis toujours, le temps partiel a été présenté aux femmes comme le moyen de trouver un "équilibre entre la vie familiale et professionnelle". Le temps libre revendiqué par les mouvements féministes pour la qualité de la vie est aujourd’hui vidé de son contenu progressiste. Il est utilisé pour légitimer un temps de travail à la carte qui dans le contexte actuel ne fait que satisfaire les besoins de flexibilité des employeurs. Une voie royale pour affaiblir la norme même de temps complet et développer les statuts d’emplois précaires !
Pour toutes ces raisons, il est essentiel de faire entendre la voix de toutes celles et ceux qui au nom de l’égalité hommes-femmes s’opposent à ce traité constitutionnel. Plusieurs associations et militantes féministes se sont déjà exprimées en ce sens et veulent contribuer à une campagne de dénonciation de ce traité constitutionnel. En organisant cette rencontre publique, la commission "genre et mondialisation" d’Attac souhaite contribuer à cette campagne et favoriser les convergences.
Travaux réalisé par la commission nationale genre et mondialisation d’ATTAC FRANCE
Article publié le 10 février 2005.